Cité scolaire Carnot

Programme de français-philosophie

Thème rentrée 2026-2027 : Arcanes de la création

  1. L’Oeuvre d’Emile Zola. L’édition GF est demandée.
  2. Un lieu à soi de Virginia Woolf. ATTENTION ! Il s’agit d’une traduction, il faut absolument choisir la traduction de Marie Darrieussecq dans l‘édition Folio. 
  3. Ion et La République (livre X) de Platon. ATTENTION ! Il faut là aussi absolument choisir l’édition qui propose la traduction prescrite, c’est-à-dire édition GF.

Vous devez vous procurer les trois ouvrages dans les éditions indiquées et les lire intégralement avant la rentrée. Lisez d’emblée crayon en main pour souligner ce qui est important. Faites ensuite un tri puis reportez quelques citations et éléments d’analyse (idées essentielles, problèmes abordés, scènes frappantes) en rapport avec le thème du concours : expériences de la nature. Vous pouvez aussi, d’ores et déjà, noter les convergences et divergences entre les œuvres car il s’agira de les comparer dans la dissertation proposée au concours. Pensez à indiquer les pages en référence pour un repérage ultérieur plus rapide.

Préférez les modes d’achat responsables, soit en librairie, soit sur une plateforme de libraires indépendants : www.leslibraires.fr

NE SURTOUT PAS ACHETER !!!!!

Pistes pour la lecture croisée des œuvres (plutôt à l'attention des étudiants de 2e année)
Conseils proposés par Mme Lanchon   
→ Voici quelques idées pour guider la lecture des œuvres au programme : pour repérer ce qui se rapporte au domaine de la création artistique, et pour commencer à faire des liens entre les textes.
→ Les termes en majuscules peuvent vous servir de repères pour marquer dans les livres des passages importants (de façon à pouvoir les retrouver facilement sans être obligé de tout relire).
→ Cette présentation n’est qu’une première ébauche, et non une liste limitative !
→ Les citations sont rattachées à leurs auteurs, mais ne sont pas situées dans les textes. A vous de les retrouver, et d’en trouver d’autres, qui pourront vous servir en dissertation !  

I. Conditions de la création 
- Conditions matérielles
LE LIEU DE LA CRÉATION Un « lieu à soi » pour créer, l’atelier d’artiste, les lieux sacrés de la représentation / l’interdiction de certains lieux comme obstacle à la création (« Hors de question d’avoir un lieu à soi, sans même parler d’avoir une pièce calme ou d’une pièce insonorisée. » Woolf ; « C’était une de ses théories, que les jeunes peintres du plein air devaient louer les ateliers dont ne voulaient pas les peintres académiques, ceux que le soleil visitait de la flamme vivante de ses rayons. » Zola ; Le Paris des artistes (Zola) ; l’eau comme source d’inspiration (Woolf, Zola)
RICHESSE ET PAUVRETÉ Pauvreté ou richesse de l’artiste. Un héritage permettant la libre création (Woolf) / la contrainte d’un emploi comme obstacle à la création (Zola).
L’AUTONOMIE, LE RAPPORT A L’AUTORITÉ 
- Conditions intellectuelles
LE PAYSAGE INTELLECTUEL Woolf : visite mentale du British Museum ; Platon : l’image est située au plus bas de l’échelle ontologique ; Zola : les espaces de la mémoire
L’IMAGINATIONLE GÉNIE « L’éveil d’une intelligence supérieure » (Zola) ; Génies au féminin (Woolf) ; L’artiste échappant aux classifications (Platon)
FLUIDITÉ DE LA PENSÉE CRÉATRICE Des pensées « dont la ligne flottait dans le courant » ; « Posée sur l’herbe, ma petite pensée paraissait bien insignifiante. » ; Mettre en rapport l’espace mental et l’espace de la création (« Un flot épais d’esquisses » dans l’atelier du peintre chez Zola.) 
- Mystères de la création
L’INSPIRATION L’artiste inspiré des dieux (Ion) ; Inconstance de l’inspiration (alternance, chez Zola, entre « le découragement d’une œuvre rebelle » et « une crise furieuse de travail »)
FILIATION DE L’ARTISTE Héritages artistiques, familiaux, liens avec le divin.  

II. L’art, mensonge ou vérité ? 
- Le rapport au savoir : faut-il connaître pour créer ?
LA SCIENCE Le rhapsode ne possède ni art, ni science ; L’étroitesse des connaissances comme obstacle à la création (Woolf) ; Pluralité de perspectives chez Zola : « Est-ce que, en art, il y avait autre chose que de donner ce qu’on avait dans le ventre ? » « C’est à la science que doivent s’adresser les romanciers et les poètes, elle est aujourd’hui l’unique source possible. » 
- L’imitation éloignée du vrai
L’IMAGE : Platon : l’image comme simulacre : « L’art de l’imitation est donc bien éloigné du vrai, et c’est apparemment pour cette raison qu’il peut façonner toutes choses : pour chacune, en effet, il n’atteint qu’une petite partie, et cette partie n’est elle-même qu’un simulacre. » ; Zola : « tous ces barbouilleurs d’images à deux sous » , « tout ce joli affreux et menteur de l’imitation », « ce brave garçon, qui ne faisait même pas ressemblant ».
→ Ne pas systématiquement opposer Platon et Zola (les perspectives sont plus complexes qu’une opposition binaire).
L’ART COMME MENSONGE : « Des mensonges sans profit, inexplicables, l’art pour l’art ! » Zola ; « A l’École, ils corrigent le modèle » 
- L’art est-il invention ou découverte ?
LA CRÉATION : Notion à interroger : les artistes en effet ne sont pas toujours décrits comme faisant surgir de la nouveauté mais plutôt comme reproduisant ce qui existe déjà. Dans le cadre de la théorie platonicienne des Idées, il n’y a pas de création ex nihilo, car les modèles existent toujours déjà. Les productions artistiques y sont donc examinées dans leur rapport à la vérité. D’une tout autre manière, le naturalisme de Zola exclut également l’idée d’invention pure. A quelques exceptions près ! (« lui qui se flattait de ne pouvoir inventer, il cherchait sans document, en dehors de la nature » « la tête douloureuse et grosse d’un monde »). Sur cette question, on notera l’ambivalence du génie chez Woolf : « l’amour de la nature, l’imagination farouche, la poésie sauvage, l’esprit brillant, la sagesse contemplative ».
LE MODÈLE : Idéalité du modèle (Platon mais aussi Zola) ; « Il ne lui jetait plus que ces clairs regards du peintre, pour qui la femme a disparu, et qui ne voit que le modèle. » ; Limitation du cadre de vie  (Woolf) ; « tout voir et tout peindre ! » (Zola)  

III. Destin de l’artiste 
- L’artiste et la société, la question de la reconnaissance
AMBITION ou VANITÉ ? : « Que vous êtes heureux, vous autres, d’être encore au pied de la montagne ! » (Zola) ; « Être considéré comme un homme divin ! » (Platon)
DESTINS BRISES : « Une femme née avec un grand talent au XVIe siècle avait toutes les chances de devenir folle, de se tuer, ou de finir ses jours dans quelque cottage solitaire à l’extérieur du village, moitié sorcière moitié magicienne, crainte et moquée à la fois. » Woolf ; Destin de Claude Lantier (en rapport avec les Rougon-Macquart)
L’ARTISTE MOQUE : Le salon des refusés, le tableau moqué ; Ironie de Socrate ; « Écrire ? Soufflez plutôt dans un violon ! » ; « Jane Austen cachait ses manuscrits ou les couvrait avec un morceau de buvard. » Woolf 
- Démons intérieurs
« Un grand peintre, doué admirablement, entravé par des impuissances soudaines et inexpliquées » (Zola) ; « Une femme malheureuse, une femme en lutte avec elle-même » (Woolf). 
- Des affinités électives
« Des affinités secrètes » (Zola) ; Proximité de l’artiste avec le divin (Platon) ; « Elle n’était pas un « génie » - c’était évident. » (Woolf) 
- Tout sacrifier à l’art
INTRANSIGEANCE : « Son intransigeance qui ne respectait personne » ; « En voilà un qui a été logique et brave » (Zola) ; « Cela demande tant d’efforts, mène peut-être au meurtre d’une tante, occasionne des retards quasi certains pour le déjeuner, et génère de très graves disputes avec de très bons compagnons » (Woolf)